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CyberClass > Partie 1 - Enjeux > Côté pile > Fiche concept 1.2.4


📌 1.2.4 Qui protège le cyberespace français ? Les principaux acteurs de la cybersécurité.

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Résumé

Le rôle de l’État ne se limite pas à réprimer les infractions cyber, il met également en place des dispositifs de prévention et pilote des équipes d’intervention en cas d’attaque cyber contre la Nation.

Les principaux acteurs de la cybersécurité en France :

  • ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) : pilote l’ensemble des actions relatives à la cybersécurité de la Nation.
  • cybermalveillance.gouv.fr : plateforme gouvernementale d’assistance aux particuliers, entreprises et collectivités face aux cybermenaces. Elle a également pour mission la prévention et la sensibilisation ainsi que l'observation de la menace sur le territoire français. C'est sur cybermalveillance.gouv.fr qu'on trouve le 17Cyber, ce dispositif de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale qui permet aux citoyens victimes de cybermalveillance de trouver assistance et de déposer plaintes et signalements.
  • COMCYBER (COMmandement de la CYBERdéfense des armées) : rassemble l'ensemble des forces de cyberdéfense du ministère des Armées. Il travaille en étroite collaboration avec le CALID (Centre d’Analyse en Lutte Informatique Défensive) : centre de surveillance, de détection et d’alerte du ministère des Armées en cyberdéfense.
  • CSIRT (Computer Security Incident Response Team), CERT et CERT-FR (Computer Emergency Response Team - France) : équipes d’agents d’interventions spécialisés dans les incidents cyber, disséminés en région.

Les autorités de régulation et de protection :

  • CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) : autorité indépendante dévolue à la protection des données personnelles et à l'application du RGPD. Veille et centre de signalements pour tout ce qui concerne les données personnelles.
  • VIGINUM : service interministériel rattaché au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères dans le débat public français.

La sensibilisation et la formation en cybersécurité :

  • MENESR (ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) : forme des citoyens numériques. Il développe et favorise les formations cyber de l’école aux classes préparatoires.
  • Sous l’égide de l'ANSSI, les différents ministères sont en charge de la formation continue des experts cyber.
  • cybermalveillance.gouv.fr et la CNIL mettent à disposition un grand nombre de ressources d’e-sensibilisation pour tous les publics.

→ Quelle est la stratégie nationale de cyberdéfense de la France ?

Le dispositif de cyberdéfense français est en constante évolution pour s’adapter aux nouvelles menaces et enjeux numériques. Composé d’une multitude d’acteurs et d’instances, le dispositif national s’articule autour d’un objectif commun : permettre à la France de s’approprier sa souveraineté numérique et de peser à l’international.

Les sept objectifs au cœur du dispositif français1 :

  • Accorder une priorité à la protection de nos systèmes d’information ;
  • Adopter une posture active de découragement des attaques et de réaction coordonnée ;
  • Exercer pleinement notre souveraineté numérique ;
  • Apporter une réponse pénale efficace à la cybercriminalité (1) ;

    1. 🔎 Définition : La cybercriminalité désigne les activités criminelles dans le cyberespace. En France, elle est définie comme une "infraction pénale susceptible de se commettre sur ou au moyen d’un système informatique généralement connecté à un réseau". Elle regroupe trois types d’infractions en lien avec les technologies de l'information et de la communication (TIC) : les infractions spécifiques aux TIC : atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données, traitements non autorisés de données personnelles, infractions aux cartes bancaires, chiffrements non autorisés... ; les infractions liées aux TIC : pédopornographie, incitation au terrorisme et à la haine raciale sur internet, atteintes aux personnes, et aux biens... ; les infractions facilitées par les TIC : escroqueries en ligne, blanchiment d'argent, violation de propriété intellectuelle... La cybercriminalité a un impact significatif sur les individus, les entreprises et les gouvernements du monde entier, entraînant des pertes financières, des atteintes à la vie privée et des dommages à la réputation.
  • Promouvoir une culture partagée de la sécurité informatique ;

  • Contribuer à une Europe numérique confiante et sûre ;
  • Agir à l’international en faveur d’une gouvernance collective et maîtrisée du cyberespace (1), (voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.1)

    1. 🔎 Définition : Le cyberespace (cyberspace en anglais) est l'espace virtuel constitué par les infrastructures interconnectées relevant des technologies de l'information, notamment l'Internet. C'est l’ensemble des équipements, des applications, des données numériques, des communications et des transactions qui existe grâce aux ordinateurs, à Internet et à tous les autres appareils connectés. C'est en quelque sorte l'univers de toutes nos activités en ligne.

Les principaux acteurs permanents du comité de direction cyber sont les cabinets du ministère de l’Intérieur et du ministère des Armées, ainsi que les représentants des directions et des services directement impliqués dans le domaine de la cyberdéfense.

→ Et qui sont ces principaux acteurs ?

Un volet anticipation et veille

Le Centre de Coordination des Crises Cyber (C43), est une instance qui regroupe différents ministères pour traiter de l’analyse de la menace. Il s’assure de l’échange d’informations entre les entités membres mais également, au niveau technique, entre les experts. Sa mission consiste à recueillir des renseignements partout dans le monde afin d'éclairer les plus hautes autorités de l'État.

Un volet pilotage et intervention

L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), qui pilote le C4, est chargée de la partie opérationnelle : conduite ou coordination des opérations et de l’organisation de la réponse en cas d’attaque informatique majeure contre la Nation.

→ C’est quoi exactement l’ANSSI ?

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L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI4) est l’autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense en France. Sa raison d’être est de construire et d’organiser, en interministériel, la protection de la Nation face aux cyberattaques (1), et de contribuer à la stabilité du cyberespace.

  1. 🔎 Définition : Une cyberattaque est un ensemble coordonné d’actions malveillantes menées dans le cyberespace. Elle cible des ordinateurs ou des serveurs, des équipements périphériques, ou encore des moyens de communication (smartphones, tablettes, autres objets connectés…). La sécurité de ces dispositifs informatiques est mise en danger soit par voie informatique, soit par manipulation, soit par voie physique. Ponctuelle ou s’inscrivant dans la durée, une cyberattaque vise des données, des applications et d’autres actifs en portant atteinte à leur disponibilité, à leur intégrité ou à leur confidentialité.

Son périmètre d’intervention concerne en priorité :

  • Les organismes publics : ministères, institutions, juridictions, autorités indépendantes, collectivités territoriales ;
  • Les opérateurs d’importance vitale (OIV) : opérateurs publics ou privés qui exploitent des équipements et des installations indispensables au fonctionnement et à la survie de la nation française ;
  • Les opérateurs de services essentiels (OSE) : opérateurs tributaires des réseaux ou systèmes d’information, qui fournissent un service essentiel dont l’interruption aurait un impact significatif sur le fonctionnement de l’économie ou de la société.

Au service d’un objectif général de politique publique de sécurité des administrations, de l’économie et de la société dans son ensemble, l’ANSSI a 5 grandes missions : défendre, connaître, partager, accompagner, réguler.

L’ANSSI pilote les actions cyber interministérielles menées par des agents de l’État mais aussi par un vaste réseau de prestataires privés (qui proposent des services de détection, d’audit, de conseil ou encore de réponse à incidents). Elle s’appuie également sur des acteurs territoriaux et des comités, associations, clubs, etc. (qui traitent des enjeux de cybersécurité (1)).

  1. 🔎 Définition : La cybersécurité regroupe l’ensemble des mesures techniques, organisationnelles et humaines mises en place pour prévenir les attaques et limiter leurs impacts. Elle vise à protèger les systèmes, les réseaux, les applications, les appareils, les données, les actifs financiers et les personnes contre toutes les cybermenaces. Ses actions couvrent la prévention des intrusions, la détection et la neutralisation des menaces, la sensibilisation et la formation des utilisateurs.
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Le Campus Cyber5, inauguré en 2022, a pour objectifs de renforcer ces synergies et de créer des dynamiques entre acteurs publics, privés et académiques qui sont ainsi rassemblés au sein d’un même lieu de dimension nationale, connecté à des projets en régions. Il offre une vitrine à l’excellence française en matière de cybersécurité à l’échelle européenne et internationale.

Par ailleurs, aux côtés de nombreux acteurs français, européens et internationaux, l’ANSSI élabore la réglementation, les normes et les standards de cybersécurité.

Enfin, les partenariats bilatéraux et la participation aux réseaux de centres de réponse à incident cyber (CSIRT), notamment territoriaux, concourent à une meilleure compréhension des menaces ainsi qu’à une diffusion des alertes et une coordination transfrontalière plus efficaces dans la réponse aux incidents.

→ C‘est quoi exactement les CSIRT ?

logo CSIRT

Depuis 2021, l’ANSSI développe son écosystème en accompagnant le déploiement et la structuration des Computer Security Incident Response Team (CSIRT6) territoriaux.


Ces équipes-terrain, portent des missions de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement dans la montée en maturité des acteurs de leurs régions, qu’il s’agisse de prestataires de services cyber, de collectivités territoriales, d’associations, de TPE/PME (très petites entreprises /petites et moyennes entreprises) et ETI (entreprises de tailles intermédiaires). Les CSIRT offrent notamment une réponse de premier niveau aux incidents d’origine cyber et surtout une réponse de proximité.

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Spécialement dédié aux structures gouvernementales, le CSIRT s’appelle CERT-FR7 (Computer Emergency Response Team - France). Il appartient à l’ANSSI et traite, sur le plan technique, des incidents de cybersécurité qui affectent le secteur de l’administration française.


L’accompagnement des publics hors de son périmètre est alors relayé par le site gouvernemental : cybermalveillance.gouv.fr.

→ C‘est quoi exactement cybermalveillance.gouv.fr ?

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cybermalveillance.gouv.fr8 est la plateforme du Groupement d’Intérêt Public Action contre la Cybermalveillance (GIP ACYMA9). Créé en 2017, ce dispositif national a pour mission d’assister les victimes d’actes de cybermalveillance, de protéger les organisations et de sensibiliser tous les publics aux risques numériques. Il observe également l’évolution de la menace sur le territoire français. Ces actions s’incarnent notamment à travers 3 services : 17Cyber, le service d’assistance en ligne, SensCyber, une e-sensibilisation et Mon ExpertCyber, le service dédié à la sécurisation des systèmes d’information. Le dispositif rassemble 64 membres issus du secteur public, privé et associatif, qui contribuent ensemble à cette mission d’intérêt général auprès des particuliers, entreprises et collectivités.

→ C‘est quoi exactement le 17cyber ?

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Lancé en partenariat avec le Ministère de l’Intérieur, le 17Cyber10 est un service en ligne disponible gratuitement 24/7. Guichet unique de la cyber, le 17Cyber permet à tous les Français de qualifier la menace dont ils sont victimes, d’obtenir une assistance et, si besoin, une mise en relation avec un prestataire de proximité et avec un policier ou un gendarme pour les menaces qui le nécessitent. La création du dispositif 17Cyber s’inscrit dans la lutte contre la cybercriminalité engagée par le ministère de l’Intérieur avec la création d’autres entités comme le COMCYBER-MI (Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace).

→ C‘est quoi exactement le COMCYBER-MI ?

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Entré en vigueur le 1er décembre 2023, le COMmandement du Ministère de l’Intérieur dans le CYBERespace (COMCYBER-MI11) a pour mission de lutter contre la cybercriminalité :

  • Renseigner sur les structures cybercriminelles, leurs modes d'action et les modalités de blanchiment ;
  • Participer à des opérations judiciaires dans un cadre partenarial et international ;
  • Concevoir les outils juridiques et techniques.

Créé pour renforcer la sécurité nationale dans le domaine numérique, le COMCYBER-MI est un dispositif qui coordonne la réponse aux cybermenaces au sein du ministère de l’Intérieur.

Un pilier fondamental du COMCYBER-MI est l’anticipation des menaces. Grâce à une veille constante et à l’analyse des tendances émergentes en matière de cyberattaques, il permet de préparer les forces de sécurité et les experts à réagir aux incidents majeurs. Il joue également un rôle crucial dans la formation des personnels en cybersécurité, garantissant ainsi une montée en compétences continue.

La réserve cyber du COMCYBER-MI, constituée d’experts issus de divers horizons, offre un soutien aux forces de sécurité dans la protection du territoire numérique. Le COMCYBER-MI fait appel à des partenaires issus du secteur privé et des experts externes.

Nota bene : le COMCYBER-MI publie depuis plusieurs années un rapport annuel sur la cybercriminalité (voir le Rapport annuel sur la cybercriminalité 2025)12.

Le COMCYBER-MI et le COMCYBER, son aîné dédié à l’armée française, assurent un partage commun de la connaissance de la menace et des acteurs malveillants, contribuant ainsi à la résilience cyber de la Nation, aux côtés de l’ANSSI.

→ C‘est quoi exactement le COMCYBER ?

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Le COMmandement de la CYBERdéfense des armées (COMCYBER)13 rassemble l'ensemble des forces de cyberdéfense du ministère des Armées. Il a pour mission la défense des systèmes d’information et des systèmes d’armes, ainsi que la conception, la planification et la conduite des opérations militaires dans le cyberespace.

Ses missions :

  • Défendre les systèmes d’informations et systèmes d’armes de l’armée française ;
  • Renseigner et agir sur les systèmes adverses ;
  • Lutter contre la manipulation de l’information dans le cyberespace, sur les théâtres d’opérations extérieurs.

Le Centre d’Analyse en Lutte Informatique Défensive (CALID) est le centre de surveillance, de détection et d’alerte du ministère des Armées en cyberdéfense. Il fournit la première capacité d’intervention et d’analyse des événements de lutte informatique défensive. Ses missions peuvent être divisées en trois parties : anticiper les menaces, détecter les attaques, conduire les opérations défensives et analyser les attaques. Ce CERT du ministère des Armées, supervise les actions techniques sur le terrain des SOC (Security Operations Center) des armées : intervenant pour les directions et services sur le territoire français ; sur le théâtre des opérations pour les missions internationales. Le CALID peut être ainsi amené à envoyer son personnel sur le territoire national comme à l’étranger.

→ Mais qui lutte contre la manipulation de l’information ?

La loi relative à la manipulation de l’information du 20 novembre 201814, impose l’obligation de transparence et de coopération pour les plateformes qui doivent notamment signaler les contenus sponsorisés et crée une action judiciaire en référé pour faire cesser rapidement la circulation de fausses informations dès lors qu’elle est manifeste, diffusée massivement et de manière artificielle et à vocation de troubler la paix publique ou la sincérité d’un scrutin.

→ C’est le rôle de la DGSI de surveiller le territoire français, non ?

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La Direction Générale de Sécurité Intérieur (DGSI15) concentre particulièrement son action sur les attaques menées sur le territoire national à des fins hostiles et d’ingérence. Elles peuvent revêtir de nombreuses formes et varier selon leur finalité et la complexité des moyens déployés pour influencer l’opinion publique.


La DGSI les différencie selon trois niveaux de sophistication :

  • Les offensives diplomatiques qui consistent le plus souvent à dévaloriser le modèle républicain, économique et sociétal de la France ainsi que ses alliances internationales, et à l’opposer au modèle souvent idéalisé du pays qui pilote ces opérations ;
  • Les opérations de manipulation informationnelle qui diffusent des informations falsifiées, déformées, associées à de vraies informations pour les rendre crédibles, ou encore, sorties de leur contexte ou partielles ;
  • Enfin, les opérations de déstabilisation orchestrées et réalisées par des services de renseignement étrangers. Véritables actions secrètes, afin de ne pas remonter aux commanditaires, elles peuvent notamment exploiter des données piratées lors de cyberattaques et déformées lors de leur divulgation massive (hack and leak).

La diffusion de ces attaques peut emprunter plusieurs vecteurs en s’appuyant, par exemple, sur la visibilité offerte par les réseaux sociaux, qui jouent ainsi un rôle de caisse de résonance. De même, des médias francophones sous influence étrangère, des personnalités et des associations ou think tanks peuvent couvrir une large audience et offrir une caution à ces messages.

C’est encore grâce à une combinaison de compétences, que la DGSI peut identifier les opérations de déstabilisation clandestines, déterminer leurs éventuels commanditaires étatiques et détecter les relais susceptibles de renforcer la légitimité et la crédibilité des narratifs.

Ses missions sont assurées en coopération étroite avec différents partenaires institutionnels (dont d’autres services de renseignement) et, plus récemment, avec le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères : VIGINUM.

→ C‘est quoi exactement VIGINUM ?

Créé le 13 juillet 202116 au sein du COLMI (opérationnel de lutte contre les manipulations de l’information), lui-même présidé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), VIGINUM17, en collaboration avec d’autres entités interministérielles (ministère de l’Intérieur, ministère des Armées, ministère des Affaires étrangères) répond à un défi majeur : préserver le débat public des manipulations de l’information provenant de l’étranger sur les plateformes numériques18.

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VIGINUM est un collectif de spécialistes sélectionnés pour leur expertise en investigation et analyse numériques (OSINT (1)), en marketing digital, en science de la donnée, en science politiques et en géopolitique. La mission principale de VIGINUM est de détecter et de caractériser des ingérences numériques étrangères affectant le débat public numérique en France, (voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.2 ; Fiche Concept 1.1.2)

  1. 🔎 Définition : Le terme Open Source INTelligence, ou "renseignement en sources ouvertes" (ROSO), désigne l’exploitation de sources d’information accessibles à tout un chacun (journaux, sites web, conférences…) à des fins de renseignement. L’essentiel de ces informations existe désormais sous une forme numérique, et les systèmes informatiques permettent leur découverte et leur traitement de manière automatique et massive. Dans le domaine de la cybersécurité, l’OSINT permet notamment aux attaquants de mener des reconnaissances efficaces contre leurs victimes, les informations collectées contribuant par la suite à rendre plus crédible l’escroquerie.

Pour ce faire, le service étudie les phénomènes inauthentiques (comptes suspects, contenus malveillants, comportements anormaux, aberrants ou coordonnés) qui se manifestent sur les plateformes numériques.

Un phénomène inauthentique affectant le débat public numérique doit combiner :

  • une atteinte potentielle aux intérêts fondamentaux de la Nation ;
  • un contenu manifestement inexact ou trompeur ;
  • une diffusion artificielle ou automatisée, massive et délibérée ;
  • l’implication, directe ou indirecte, d’un acteur étranger (étatique, paraétatique ou non-étatique).

L’activité de VIGINUM s’organise autour d’opérations de protection, ciblées sur une thématique particulière pour laquelle une posture de vigilance est nécessaire face à une menace informationnelle potentielle : événements institutionnels, démocratiques, politiques, sociétaux, historiques, sportifs, connus et planifiés ou en lien avec l’actualité, se déroulant en France (comme les Jeux Olympique ou des élections) ou y affectant le débat public (comme les fake news (1), deepfakes (2) particulièrement virales).

  1. 🔎 Définition : Une fake news (fake dans le sens truqué, trompé en anglais) ou "infox" en français , néologisme à préférer à la traduction littérale insuffisante "fausse nouvelle" car il ne s'agit pas juste d'une fausse information. En effet, ce qui fait la fake news, c'est la volonté de tromper, en mentant, y compris par omission, en détournant une déclaration, une photo, un chiffre de son contexte. Le but peut être de séduire un électeur, discréditer un adversaire politique ou un ennemi. Aujourd'hui, le terme évoque souvent le flot de désinformation qui pollue les réseaux sociaux et le débat public.
  2. 🔎 Définition : Mot-valise, de l’anglais deeplearning, "apprentissage profond", et de fake, "truqué", "trompé". Cette technique d'intelligence artificielle génère des vidéos ou audios à l’apparence authentique, mais entièrement fictifs. Les deepfakes, ou hypertrucages sont principalement utilisés à des fins malveillantes, par exemple en diffusant de fausses informations ou de la propagande.

→ D’autres entités ont pour mission de nous protéger ? La CNIL par exemple, elle fait quoi exactement ?

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La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés19 (CNIL) est l’autorité indépendante chargée de veiller à la protection des données personnelles et à la mise en conformité avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGDP). Elle agit à la fois dans une logique de conseil, de contrôle et de sanction. (Voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.3)

Elle est aussi un centre de ressources extrêmement riche parmi lesquelles on trouve aussi des modules d’auto-formation. Point de signalement obligatoire des entreprises en cas de cyberattaques concernant les données personnelles, c’est une ressource incontournable dans la recherche autour de la sécurité des systèmes de traitement des données (voir **Cyber**sécurité – plaquette 202620).

→ Et du côté éducation ?

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De l'école au lycée et jusqu’aux classes préparatoires, les élèves apprennent, à travers différents enseignements des programmes du MENSER (Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche), à développer leur responsabilité individuelle face à leur pratique du numérique et à développer des compétences utiles pour leur vie de citoyens tout autant que pour la compétitivité de la France.

La cybersécurité est une des composantes de la citoyenneté numérique qu’il promulgue.

À travers la mise à disposition de plateformes comme Pix21 ou en créant en 2024 La Forge des communs numériques éducatifs22 afin de soutenir le partage de logiciels et de ressources éducatives libres sur sa plateforme, le ministère de l’Éducation Nationale soutient l’apprentissage du numérique.

L’éducation dans le monde entier prend d’ailleurs cette direction, puisque le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA), intègre en 2025 un nouveau thème d’évaluation : "Apprendre dans le monde numérique".

Sous l’égide de l’ANSSI, les différents ministères prennent le relais de la formation des experts cyber.

Enfin, cybermalveillance.gouv.fr et la CNIL mettent à disposition un grand nombre de ressources parmi lesquelles des MOOC pour tous les niveaux de qualification.

→ Qu'est-ce qu'on peut conclure ?

La cybersécurité en France implique l’ensemble des acteurs de la Nation, elle s’appuie sur différents ministères et d’autres instances publiques et privées spécialisées mais aussi sur la formation de tous les citoyens. Ensemble, les professionnels de la cybersécurité forment une équipe multidisciplinaire, chargée d’assurer la protection et la résilience des systèmes permettant à la France de s’approprier sa souveraineté numérique et de peser à l’international.



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Licence

 

🎯 Attribution : Une réalisation collective produite par Class’Code dans le cadre du programme TalCyb. Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre de France 2030 portant la référence ANR-23-CMAS-0020.

Cette ressource éducative a été produite sous licence CC BY-SA Class’Code 4.0 FR (1) - Publication : janvier 2026 ; Dernière mise à jour : juin 2026.

  1. Creative Commons - Attribution obligatoire et crédit à l’auteur - Liberté d’utilisation et d’adaptation - Pas de restriction spécifique

Licences : CC BY-ND pour les vidéos; CC BY-SA pour l'ensemble des autres contenus

Sources

  1. Titre : La DGSI au cœur de l’organisation française de cyberdéfense ; origine : dgsi.interieur.gouv.fr - Direction Générale de la Sécurité Intérieur ; date de publication : 23 novembre 2023 ; mise à jour : 16 janvier 2025 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  2. Titre : Lutter contre la cybercriminalité, un enjeu de protection pour tous les citoyens ; origine : interieur.gouv.fr - Ministère de l'Intérieur ; date de publication : 11 juillet 2025. ; date de consultation : 15 octobre 2025

  3. Titre : Pour une coordination de la cyberdéfense plus offensive dans la loi de programmation militaire 2024-2030 - rapport d'information n° 638 (2022-2023) ; origine : Sénat ; date de publication : 24 mai 2023 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  4. Titre : Découvrir l’ANSSI ; origine : cyber.gouv.fr - Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations ; date de publication : 6 juillet 2022 ; mise à jour : 20 juin 2025 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  5. Titre : Ensemble, au service d'une grande nation cyber. ; origine : Campus Cyber ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  6. Titre : À propos du CERT-FR ; origine : cert.ssi.gouv.fr - Centre gouvernemental de veille, d'alerte et de réponse aux cyberattaques ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  7. Titre : Comment le CSIRT protège-t-il des cybermenaces ? ; origine : Nexa Digital School ; date de publication : 18 juillet 2025. ; date de consultation : 15 octobre 2025

  8. Titre : Qui sommes-nous ? ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : 7 novembre 2019 ; mise à jour : 7 janvier 2025 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  9. Titre : Dispositif d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 27 mars 2026

  10. Titre : Victime de cybermalveillance ? Nous vous guidons pour agir. ; origine : 17cyber.gouv.fr - Mon assistance en ligne, assistance aux victimes de cybermaveillance ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  11. Titre : Le Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI) ; origine : gendarmerie.interieur.gouv.fr - gendarmerie nationale ; auteur(s) : la rédaction du site Gendarmerie nationale ; date de publication : 8 décembre 2023 ; date de consultation : 13 novembre 2025

  12. Titre : Rapport annuel sur la cybercriminalité 2025 ; type de média : rapport ou publication ; origine : interieur.gouv.fr - Ministère de l'Intérieur ; auteur(s) : COMCYBER-MI - Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace ; date de publication : juillet 2025 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  13. Titre : Le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) ; origine : defence.gouv.fr - Ministère des Armées ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  14. Titre : Loi n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l'information (1) ; type de média : texte de loi ou réglement ; origine : legifrance.gouv.fr - Service public de la diffusion du droit ; auteur(s) : Assemblée nationale - Sénat ; date de publication : 22 décembre 2018 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  15. Titre : Cyberdéfense - Direction Générale de la Sécurité Intérieure ; origine : dgsi.interieur.gouv.fr - Direction Générale de la Sécurité Intérieur ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  16. Titre : Décret n° 2021-922 du 13 juillet 2021 portant création, auprès du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, d'un service à compétence nationale dénommé "service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères" ; type de média : texte de loi ou réglement ; origine : legifrance.gouv.fr - Service public de la diffusion du droit ; auteur(s) : Assemblée nationale - Sénat ; date de publication : 14 juillet 2021 ; mise à jour : 10 décembre 2021 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  17. Titre : Service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères ; origine : sgdsn.gouv.fr - Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale ; date de publication : 17 novembre 2022 ; date de consultation : 13 novembre 2025

  18. Titre : Protéger le débat public contre les ingérences numériques étrangères ; origine : sgdsn.gouv.fr - Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale ; date de publication : 23 novembre 2022 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  19. Titre : CNIL : protéger les données personnelles, accompagner l’innovation, préserver les libertés individuelles ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; auteur(s) : CNIL ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  20. Titre : Cybersécurité – plaquette 2026 ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; auteur(s) : CNIL ; date de publication : 2025 ; date de consultation : 15 octobre 2025

  21. Titre : Pix au cœur de l'enseignement en collège et au lycée ; origine : Pix ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

  22. Titre : La Forge des communs numériques éducatifs : création, mutualisation et partage de ressources éducatives libres ; origine : cybersecurite.forge.apps.education.fr - La Forge des communs numériques éducatifs ; auteur(s) : La Forge des communs numériques éducatifs - AEIF ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 15 octobre 2025

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