CyberClass > Partie 4 - Terminaux > Côté pile > Fiche concept 4.2.4¶
📌 4.2.4 Comment prévenir les attaques ? #Bilan¶
#Prévention #CultureDeLaCybersécurité #ANSSI #CNIL #CybermalveillanceGouvFR #MinistèreDeL’ÉducationNationale #Sensibilisation #DirectiveNIS2 #Cyberrésilience #Guides #SystèmesDInformation #DevSecOps #Sécurisation #Gouvernance #Conformité #Normes #ISO27001 #Tableaudebord #RSSI #Pluridisciplinarité #RiskManager #DPO #RGPD #EBIOSRiskManager
Résumé
Prévenir les attaques suppose une véritable culture de la cybersécurité, partagée par tous les acteurs du numérique, tant dans nos usages quotidiens que dans les projets les plus innovants.
Cette culture repose sur :
- La sensibilisation des utilisateurs : former régulièrement les utilisateurs pour reconnaître les menaces et adopter des comportements sécurisés.
- La sécurisation des systèmes d’information : protéger les infrastructures avec des outils de sécurité (pare-feu, antivirus, mises à jour).
- L’approche par les risques : évaluer les risques et intégrer la sécurité dès la conception des projets.
- La gouvernance du SI, coordination et pilotage : assurer une coordination entre les équipes techniques, juridiques et contractuelles pour la cybersécurité ainsi qu’un suivi des actions de cybersécurité.
- La conformité à la norme ISO/IEC 27001 et au RGPD.
- L’approche pluridisciplinaire de la prévention.
La prévention des attaques informatiques repose sur une démarche globale et partagée entre tous les acteurs du numérique. Elle s’inscrit dans une véritable culture de la cybersécurité, telle qu’elle est promue par l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (l'ENISA)1 visant à intégrer la sécurité dans les usages, les formations, les politiques et les comportements du quotidien.
En France, cette approche est portée par plusieurs acteurs publics donc l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information – l'ANSSI – (autorité en matière de cybersécurité et de cyberdéfense : stratégie nationale, sécurité des systèmes informatiques et guides), le portail Cybermalveillance.gouv.fr (sensibilisation grand public), la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés – la CNIL – (régulateur des données personnelles) et le ministère de l’Éducation nationale (éducation au numérique). Ensemble, ils contribuent à diffuser une culture de la cybersécurité alignée sur les orientations européennes2. (Voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.4)
Loin d’opérer seules, ces institutions co-construisent souvent leurs actions, ensemble ou avec des tiers. Plus largement, l'effort national est porté par un maillage de partenariats où chaque structure, liée ou non à ces institutions, participe activement à la formation des publics. Le parcours CyberClass, par exemple, est porté par un consortium, appelé TALCYB.
→ La sensibilisation, c’est important en cybersécurité ?¶
Sensibiliser, c’est donner à chacun les clés pour comprendre les enjeux, adopter les bonnes pratiques, identifier les risques et savoir comment réagir. En ce sens, la sensibilisation constitue l’un des piliers essentiels de toute stratégie de cybersécurité.
Tous les publics sont concernés : particuliers et professionnels, jeunes et vieux, employés et dirigeants, agents du privé et du public… (Voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.1.2)
Une sensibilisation réussie repose sur des actions régulières, adaptées aux profils, et intégrées aux pratiques quotidiennes16.
Éducation et sensibilisation des jeunes
Dans le cadre éducatif, la sensibilisation à la cybersécurité peut s’appuyer sur plusieurs leviers structurants :
1. S’appuyer sur les programmes scolaires pour aborder le sujet dans le cadre des enseignements en EMI, EMC, SNT (Sciences numériques et technologie) et NSI (Numérique et sciences informatiques). Ces enseignements peuvent être articulés avec le Cadre de Référence des Compétences Numériques (CRCN) et la plateforme d’évaluation PIX.
2. Identifier et mobiliser des ressources pédagogiques de référence via le portail DemainSpécialisteCyber.
3. Structurer la sensibilisation autour d’événements nationaux et internationaux permet de donner du rythme et de la visibilité aux actions :
- Janvier 2026 : Journée Européenne de la protection des données
- Janvier-Février : "Passe Ton Hack d’Abord", le plus grand challenge cyber de France qui mobilise près de 10 000 lycéens et étudiants
- Février : Safer Internet Day
- Mars : L'Opération Cactus, édition 2026, sensibilise au phishing sur les espaces numériques de travail
- Mars-Avril : Printemps de l’esprit critique
- Octobre : Le Cybermois
- Novembre : Journée nationale contre le harcèlement scolaire
Un cas à relever
En juin 2023, Cybermalveillance.gouv.fr a lancé SensCyber, une e-sensibilisation dédiée aux agents de la fonction publique, afin de leur permettre d’être mieux protégés et d’adopter les bons réflexes.
En mars 2024, dans le continuum de sa mission d’intérêt général (Assister, Sensibiliser, Protéger et Observer), Cybermalveillance.gouv.fr a décidé d’adapter son programme pour le grand public ainsi que pour les collaborateurs des TPE-PME (souvent peu dotées de ressources humaines et techniques sur le plan cyber)17.
SensCyber permet d’apprendre et de tester ses connaissances en un peu moins de 2 heures de façon ludique au fil de 3 modules : Comprendre (les cyberattaques, les risques, les impacts), Agir (pour adopter les bonnes pratiques), Transmettre (pour une meilleure protection collective). Le seul prérequis est la création d’un compte Cybermalveillance.gouv.fr.
→ La prévention, ça concerne toutes les organisations ? ¶
La cybersécurité est l’affaire de tous ! Toutes les organisations sont concernées quels que soient leur secteur d'activité et leur taille. La prévention est indispensable et il est recommandé a minima :
- D’appliquer les bonnes pratiques de base (mises à jour, sauvegardes, mots de passe robustes, sensibilisation du personnel, etc.). (Voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.3) ;
- De s’appuyer sur des guides de cybersécurité5,15 ;
- De faire appel à des professionnels qualifiés en cybersécurité si besoin.
Un large éventail d’entités publiques et privées, y compris les opérateurs de services essentiels(1) (OSE), les fournisseurs de services numériques, les fournisseurs de technologies critiques et les entités de l’administration publique, fait l’objet de régulations spécifiques au titre de la directive NIS 2[P42_FC_F4_018_cybermalveillance],[P42_FC_F4_019_cyber].
- 🔎 Définition : Un opérateur de services essentiels (OSE) désigne une entité publique ou privée, dépendante de réseaux informatiques ou de systèmes d'information, qui fournit un service essentiel dont l'interruption aurait un impact significatif sur le fonctionnement de l'économie ou de la société.
Des sanctions peuvent être appliquées sous le contrôle de l’ANSSI en cas de non-conformité.
Cette directive vise à renforcer la cybersécurité et améliorer la cyberrésilience(1) au sein de l’Union européenne en imposant des mesures à la fois techniques et organisationnelles notamment en matière de gouvernance, de gestion des risques, de déclaration des incidents, de mesures de sécurité techniques et de sensibilisation et formation du personnel. (Voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.3 ; Fiche Activité 1.2).
- 🔎 Définition : La résilience numérique (cyber resilience), ou résilience informatique, désigne la capacité d’une organisation à continuer de fonctionner malgré une panne, un sinistre, une cyberattaque ou un incident informatique. Elle repose sur des mesures prévues à l’avance, comme les sauvegardes, les plans de reprise ou la surveillance des systèmes. L’objectif n’est pas seulement de protéger les données, mais aussi de maintenir l’activité et de rétablir rapidement les services en cas de problème.
Le service numérique MonEspaceNIS2 de l’ANSSI – responsable du pilotage de la transposition en France de la directive européenne NIS 2 – accompagne les entités publiques et privées régulées dans leur mise en conformité et propose un test pour permettre aux entités de savoir si elles sont concernées20.
Les TPE, PME et associations ne sont pas soumises aux mêmes obligations, mais restent fortement exposées. Même si les moyens financiers et humains sont différents, toute organisation doit idéalement s’engager dans une démarche de prévention adaptée, car une attaque peut avoir un impact catastrophique : perte de données, arrêt d’activité, atteinte à la réputation…
→ Il faut prendre quelles mesures pour prévenir les attaques ? ¶
Sans une infrastructure technique sécurisée, les systèmes d’information(1) sont exposés à des attaques opportunistes ou ciblées. Il est donc essentiel de mettre en place des mesures de protection adaptées.
- 🔎 Définition : Le système d’information (SI) est un ensemble de ressources interconnectées (matériel informatique, logiciels, données, réseaux, ressources humaines) visant à collecter, stocker, traiter et diffuser l’information au sein d’une organisation. Ses objectifs vont de la facilitation de la prise de décision à l’optimisation des processus internes, en passant par l’amélioration de la communication et de la collaboration.
Dans les grandes organisations, notamment les opérateurs de services essentiels (OSE), cela se traduit par l’application des exigences techniques de la directive NIS 2, telles que la gestion des accès, les mises à jour de sécurité et le plan de reprise d’activité(1) (PRA) par exemple. Depuis le 17 mars 2026, l’ANSSI met à disposition le Référentiel Cyber France (ReCyF), en version document de travail ainsi que des ressources et outils concrets (comme l’outil de comparaison des référentiels) pour aider à la sécurisation des organisations21. En décembre 2020, elle avait déjà publié un guide très complet pour la protection des systèmes d’information essentiels22.
- 🔎 Définition : Le Plan de Reprise d’Activité (PRA) est un ensemble de procédures permettant de rétablir les systèmes informatiques et les données après un incident majeur, comme une cyberattaque, une panne ou un sinistre. Il prévoit les actions à mener pour remettre en service les applications et restaurer les données sauvegardées dans les meilleurs délais. Le PRA aide l’organisation à limiter les interruptions d’activité, réduire les pertes et s’assurer que chacun connaît son rôle en cas de crise.
Concrètement, la sécurisation des systèmes informatiques et des infrastructures exige a minima :
- La protection des composants techniques tels que les serveurs, les réseaux, les postes de travail et les environnements cloud (Voir Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.1 ; Fiche Concept 3.2.4 ; Partie 4 : Terminaux Fiche Concept 4.1.3 ; Fiche Concept 4.2.1)
-
La mise en œuvre de mesures de sécurité telles que les pare-feux, les antivirus, la segmentation réseau(1), la gestion des mises à jour et le contrôle des accès.
- 🔎 Définition : La segmentation réseau (network segmentation) consiste à diviser un réseau informatique en plusieurs sous-réseaux plus petits et séparés. Chaque segment regroupe des appareils, utilisateurs ou services ayant des besoins similaires. Cette organisation permet de mieux contrôler les échanges entre les différentes parties du réseau et de limiter l’accès aux données sensibles. En cas d’attaque ou d’infection, la segmentation aide aussi à empêcher une propagation rapide vers l’ensemble du système informatique, ce qui renforce la sécurité globale de l’organisation.
→ On ne peut pas juste "développer" de manière sécurisée ? ¶
Beaucoup d’attaques exploitent des erreurs de développement (par exemple une mauvaise gestion des entrées utilisateurs). Développer de manière sécurisée, c’est éviter que des failles soient présentes dès le départ23, car si un logiciel est mal conçu, par exemple, il reste vulnérable, même sur une infrastructure bien sécurisée.
Cela implique :
-
L’intégration de la sécurité dès la phase de développement (DevSecOps(1))24 ;
- 🔎 Définition : Le DevSecOps (Development, Security and Operations) est une approche qui intègre la sécurité à chaque étape du développement et du déploiement d’un logiciel. Les équipes de développement, d’exploitation et de cybersécurité travaillent ensemble afin de détecter et corriger les failles le plus tôt possible. Cette méthode permet de réduire les risques de vulnérabilités, d’améliorer la fiabilité des applications et de réagir plus rapidement en cas de problème.
-
La revue de code(1), les tests de vulnérabilité(1), la gestion des dépendances, la correction des failles (Rapport de l’Open Web Sécurité des applications Project – OWASP – sur l’amélioration de la sécurité logicielle25).
- 🔎 Définition : La revue de code (code review) est une étape du développement logiciel durant laquelle un ou plusieurs développeurs vérifient le code écrit par un autre membre de l’équipe avant sa mise en production. Cette vérification permet de détecter des erreurs, des bugs ou des failles de sécurité, mais aussi d’améliorer la qualité et la lisibilité du code. La revue de code favorise également le partage de bonnes pratiques au sein des équipes et contribue à rendre les applications plus fiables et plus sécurisées.
- 🔎 Définition : Un test de vulnérabilité consiste à rechercher les faiblesses présentes dans un système informatique, un réseau, une application ou un serveur. Il permet de les identifier ( par exemple : mots de passe faibles, logiciels non mis à jour ou erreurs de configuration) avant qu’elles ne soient exploités par des cybercriminels. Contrairement à un test d’intrusion (pentest), ce type d’analyse vise surtout à repérer et lister les vulnérabilités afin d’aider l’organisation à les corriger et à renforcer sa sécurité.
→ C’est possible de prévenir les attaques en appliquant une "approche par les risques" ? ¶
L’approche par les risques permet de repérer les menaces les plus importantes et d’y répondre en priorité, avec des mesures adaptées. Dans tout projet informatique, il est donc essentiel de penser à la sécurité dès le début, avant même de se concentrer sur les fonctionnalités.
La méthode EBIOS Risk Manager, proposée par l’ANSSI, répond à cet enjeu : elle offre une analyse de risque agile, adaptée aux réalités actuelles (comme le cloud, la mobilité, la dépendance aux fournisseurs), pour une gestion proactive des risques numériques. Cette méthode s'inscrit dans un plan d'amélioration continue réévalué chaque année pour être efficace (voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.3).
→ Est-ce qu’il est utile de mettre en place une gouvernance particulière ? ¶
Une bonne gouvernance informatique permet d’organiser clairement la sécurité : elle anticipe les menaces, répartit les rôles, protège les zones sensibles, contrôle les accès et assure un bon suivi des incidents26. Cela réduit les risques de piratage et renforce la sécurité globale du sytème d'information. Elle donne un cadre organisationnel.
Une bonne gouvernance doit intégrer une démarche de veille et de mise à niveau, appuyée en cela par la mise en place d’indicateurs permettant d’évaluer un niveau de sécurité initial et son évolution dans le temps.
Dans son guide Recommandations relatives à l'administration sécurisée des SI27, l’ANSSI revient également sur l’importance de l’analyse des risques en amont qui permet de repérer les failles potentielles avant qu’un attaquant ne puisse les exploiter.
D’autres recommandations existent, telles que la séparation des zones critiques (cloisonnement), la limitation des accès d’administration (pour réduire les portes d’entrée possibles) et le filtrage des flux réseaux (pour empêcher les connexions non autorisées).
→ Quel pilotage pour prévenir les attaques ? ¶
Au-delà des principes de gouvernance, la mise en œuvre concrète de la cybersécurité repose sur un pilotage structuré et visible, qui permet de suivre l’évolution des risques, de contrôler l’application des mesures et de réagir efficacement en cas d’incident.
Le tableau de bord cyber constitue un outil indispensable pour mettre en action la stratégie de cybersécurité. Élaboré par le Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI), il permet de centraliser les indicateurs clés (nombre d'incidents, temps de détection, temps de résolution, taux de conformité réglementaire par exemple) et de suivre en temps réel la posture de sécurité de l’organisation28,29.
Le RSSI (ou la personne référente en cybersécurité) coordonne les actions de sécurité : il assure une vision transversale du SI, communique les risques à la direction et anime les instances de suivi de la sécurité (comité de sécurité, audits internes, retours d’expérience, etc.).
→ Il y a des normes à respecter pour prévenir les attaques ? ¶
Des normes et le RGPD encadrent les activités numériques tout en apportant des repères concrets pour éviter les failles les plus courantes et se conformer à la loi.
- La norme ISO 27001 est un outil de gouvernance et de gestion de la sécurité de l’information, fondé sur les bonnes pratiques internationales. ISO/IEC 27001 est une norme volontaire, utilisée pour mettre en place un système de management de la sécurité de l’information (SMSI)30.
- Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est un cadre légal qui impose des obligations pour protéger les droits des personnes sur leurs données personnelles. Le Guide de la sécurité des données personnelles édition 2024 de la CNIL présente les éléments qui doivent être pris en compte pour la sécurité des données31.
Ces deux cadres sont complémentaires : appliquer ISO 27001 aide à se conformer au RGPD, notamment sur la sécurité des traitements (article 32) des données personnelles.
→ Et c’est plus efficace de mobiliser plusieurs expertises pour se protéger ?¶
Oui, la prévention des attaques et la protection passent par une approche croisée et pluridisciplinaire. En effet, la cybersécurité n’est pas qu’un enjeu technique, elle concerne aussi l’organisation du travail, le respect des lois, les décisions de la direction et le comportement de chacun. Pour se protéger des attaques, tous les acteurs – techniciens, juristes, responsables, utilisateurs – doivent collaborer.
L’approche pluridisciplinaire fait appel à plusieurs métiers, que l’on peut regrouper selon différents volets complémentaires :
Volet technique¶
Le responsable de la sécurité des systèmes d'information (RSSI) surveille la définition et la mise en œuvre des politiques de sécurité de l'information de son entreprise. Au sein d’une PME /TPE, la fonction de RSSI n’est pas un poste dédié et les missions et activités peuvent être portées par le directeur des systèmes d'Information (DSI)32.
Volet juridique¶
Le délégué à la protection des données (DPO) veille à ce que l’organisation respecte les règles en matière de protection des données personnelles et garantit la conformité aux lois (notamment au RGPD), conseille sur les risques liés aux données personnelles et gère les obligations de notification d'incident33,34. Il agit comme interface entre droit, technique et protection des personnes.
Volet contractuel /achats¶
Un prestataire insuffisamment sécurisé peut devenir une porte d’entrée pour compromettre(1) ses clients. L’attaque SolarWinds en 2020, par exemple, a mis en lumière les risques majeurs liés à la chaîne d’approvisionnement numérique. Dans son rapport Threat Landscape for Supply Chain Attacks - 202135, l’ENISA (Agence européenne pour la cybersécurité) soulignait que les attaques de la chaîne d’approvisionnement(2) (supply chain attacks) se multipliaient et devenaient de plus en plus complexes (voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.1.4). Intégrer des clauses de sécurité dans les contrats, évaluer les risques liés aux fournisseurs et bien encadrer la sous-traitance sont des éléments clés pour prévenir les attaques informatiques. Les juristes, les équipes achats et le RSSI jouent donc également un rôle important.
- 🔎 Définition : En cybersécurité, compromettre signifie rendre un système, un compte ou des données vulnérables ou accessibles à un attaquant, volontairement ou non. C’est l’action qui mène à une compromission. Nota bene : en français, compromettre signifie traditionnellement "mettre en danger" ou "exposer". En informatique, le sens a glissé vers "l'action réussie d'intrusion ou de corruption de la sécurité" (anglicisme to compromise).
- 🔎 Définition : Une attaque ciblant la chaîne d’approvisionnement (supply chain attack) consiste à infiltrer une entreprise en passant par un partenaire ou un fournisseur moins sécurisé (comme un éditeur de logiciel ou un prestataire) ayant accès aux systèmes de l’organisation. Une fois ce partenaire compromis, l’attaque peut se propager rapidement à plusieurs entreprises utilisant les mêmes services ou outils. Les conséquences peuvent être importantes : vol de données, interruption d’activité, perte financière ou atteinte à la réputation.
Un cas à relever
En 2020, lors de l’attaque SolarWinds36, des pirates ont réussi à intégrer un code malveillant (Sunburst) dans une mise à jour du logiciel Orion, qui a ensuite été installée par les clients de la société SolarWinds, ouvrant ainsi un accès furtif à leurs systèmes. 18 000 clients, parmi lesquels figuraient plusieurs entreprises du CAC 40 et des ministères américains, ont téléchargé les mises à jour compromises. Cette attaque via la chaîne d’approvisionnement visant la société SolarWinds, fournisseur du logiciel de supervision informatique Orion, démontre qu’un prestataire compromis peut devenir le vecteur d’une cyberattaque sophistiquée.
Volet gouvernance¶
La cybersécurité est un enjeu de gouvernance qui doit mobiliser la direction générale et ne peut être efficace sans l’implication des dirigeants37. La direction (management) porte la responsabilité globale de la sécurité des systèmes. À ce titre, le manager de risques ou Risk Manager joue un rôle clé : il identifie et analyse les risques, y compris les cybermenaces, et aide à définir les plans d’action pour les prévenir ou y réagir32. Il agit en lien avec les experts techniques, les juristes, les responsables métiers et la direction pour inscrire la cybersécurité dans la démarche globale de gestion des risques de l’organisation.
→ Qu'est-ce qu'on peut conclure ? ¶
Prévenir les attaques informatiques ne repose pas uniquement sur des outils techniques, mais également sur une véritable culture de la cybersécurité, partagée à tous les niveaux de l’organisation, et plus largement de la société. Cette culture s’appuie sur plusieurs piliers complémentaires (parmi lesquels la sensibilisation, la protection, la détection et la résilience) et chacun d’entre nous a un rôle à jouer que ce soit dans un cadre particulier ou professionnel : utilisateurs, internautes, techniciens, juristes, décideurs et partenaires.
En cybersécurité, la vigilance individuelle et la coopération collective constituent les meilleures protections.
Enfin, pour clore ce chapitre et ce parcours, nous terminerons par un cas pratique de développement de la culture cyber à travers une action collective :
Un cas à relever : Campus Cyber x TalCyb x Class’Code
Prenons l’exemple de cette formation : la production et la diffusion de CyberClass sont proposées dans le cadre du programme TALCYB piloté par le Campus Cyber38.
Le Campus Cyber accueille sur un même site des entreprises (grands groupes, PME), des services de l’État, des organismes de formation, des acteurs de la recherche et des associations. Il met en place des actions visant à fédérer la communauté de la cybersécurité et à développer des synergies entre les différents acteurs. Dans les prochains mois, des partenariats entre le Campus national et des Campus territoriaux de cybersécurité seront développés. En mars 2026, plus de 250 acteurs issus d’une pluralité de secteurs d’activité ont confirmé leur engagement.
Le Campus Cyber est le chef de file du projet "TalCyb – Talents Cyber" qui a pour objectif de contribuer à faire face à la pénurie de talents dans le secteur de la cybersécurité, via 3 principaux axes :
- Sensibiliser le grand public aux enjeux cyber,
- Faciliter l’orientation vers les métiers de la cyber,
- Créer de nouveaux parcours de formation initiale et continue.
Le projet est porté par un consortium de 13 acteurs publics, privés et du monde associatif : Académie de Versailles, Campus Cyber, CNED, CY Cergy Paris Université, Fondation CGénial, Onisep, PIX, RadioFrance, Root-me Pro, Université Panthéon-Sorbonne, Université Sorbonne Paris Nord, Women4Cyber et nous, Class’Code !
Source : Découvrez TalCyb, un projet pour les jeunes cyber engagés, Campus Cyber.
Qu’avez-vous pensé de ce contenu ?
Clair :
Utile :
Si vous souhaitez nous faire part de vos suggestions d'amélioration contactez-nous !
¶
Pour aller plus loin ?¶
Fiches concepts liées¶
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.1 : Vulnérabilités physiques, terminaux et infrastructures
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.2 : Vulnérabilités comportementales et Ingénierie sociale
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.3 : Détecter une attaque - gérer une crise
- Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.1.2 : La cybersécurité à différentes échelles : moi, mon organisation, mon pays : tous concernés !
- Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.1.4 : Cybermenaces et cyberrisques : multiples, invisibles et bien réels
- Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.3 : Régulation du Cyberespace : que dit la loi ?
- Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.2.4 : Qui protège le cyberespace français ?
- Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.1 : Sécuriser le réseau : protocoles, IP et routage de l’information
- Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.4 : Réseaux informatiques et vulnérabilités
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.3 : Protéger ses données et son système
Ressources complémentaires¶
-
Ressources pédagogiques
* DemainSpécialisteCyber – Promouvoir la formation des élèves à la cybersécurité et la découverte de ses métiers !, cyber.gouv.fr - Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations ; date de consultation : 24 mars 2026.Actions de sensibilisation
- "Passe Ton Hack d’Abord" : le plus grand challenge cyber de France va mobiliser près de 10 000 lycéens et étudiants, education.gouv.fr - Ministère de l’Éducation nationale ; date de publication : 6 février 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026.
- Titre : Safer Internet Days 2026, Internet Sans Crainte ; date de consultation : 24 mars 2026.
- Opération Cactus : sensibiliser à l'hameçonnage sur les espaces numériques de travail, education.gouv.fr - Ministère de l’Éducation nationale ; date de publication : 30 mars 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026.
- Le Printemps de l’esprit critique 2026, Le Printemps de l’esprit critique ; date de consultation : 24 mars 2026.
- Cybermois 2025 : sensibiliser les élèves à la cybersécurité dès le plus jeune âge, education.gouv.fr - Ministère de l’Éducation nationale ; date de consultation : 24 mars 2026.
- Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l'école, education.gouv.fr - Ministère de l’Éducation nationale ; date de publication : 12 novembre 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026.
Licence¶
🎯 Attribution : Une réalisation collective produite par Class’Code dans le cadre du programme TalCyb. Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre de France 2030 portant la référence ANR-23-CMAS-0020.
Cette ressource éducative a été produite sous licence CC BY-SA Class’Code 4.0 FR (1) - Publication : mars 2026 ; Dernière mise à jour : juin 2026.
- Creative Commons - Attribution obligatoire et crédit à l’auteur - Liberté d’utilisation et d’adaptation - Pas de restriction spécifique
Sources¶
-
Titre : Cyber Security Culture in organisations, p.5 ; origine : enisa.europa.eu - Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité ; date de publication : novembre 2017 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Stratégie - Plan stratégique 2025-2027 de l'ANSSI - Au cœur d'un collectif pour une nation cyber-résiliente ; origine : cyber.gouv.fr - Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Les services et ressources cyber ; origine : messervices.cyber.gouv.fr - Mes services Cyber, Innovation ANSSI ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Guide d’hygiène informatique, renforcer la sécurité de son système d’information en 42 mesures ; origine : messervices.cyber.gouv.fr - Mes services Cyber, Innovation ANSSI ; date de publication : septembre 2017 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Kit de sensibilisation ; type de média : ressources ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : 21 janvier 2020 ; mise à jour : 17 octobre 2023 ; date de consultation : 27 mars 2026. ↩↩
-
Titre : Les bonnes pratiques ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 27 mars 2026. ↩
-
Titre : Liste des ressources mises à disposition par le dispositif Cybermalveillance.gouv.fr ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : 21 avril 2020 ; mise à jour : 18 mars 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Guide de la sécurité des données personnelles de la Cnil : la référence pour les professionnels ; origine : francenum.gouv.fr - Portail de la transformation numérique des entreprises ; date de publication : 18 avril 2023 ; mise à jour : 3 février 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Les fiches pratiques sur la cybersécurité ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Cybersécurité ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : L'éducation à la cybersécurité ; origine : education.gouv.fr - Ministère de l'Éducation nationale ; date de publication : [s.d.] ; mise à jour : 15 septembre 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Cultivez vos compétences numériques ; type de média : ressources ; origine : Pix ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Internet Sans Crainte ; origine : Internet Sans Crainte ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Cybersécurité ; origine : francenum.gouv.fr - Portail de la transformation numérique des entreprises ; date de publication : 27 avril 2022 ; mise à jour : 14 octobre 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Sécurité du numérique pour les entreprises : comment se protéger ; origine : francenum.gouv.fr - Portail de la transformation numérique des entreprises ; date de publication : 14 février 2019 ; mise à jour : 8 août 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩↩
-
Titre : 5 clés pour une sensibilisation à la cybersécurité réussie ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Bienvenue dans SensCyber : Apprendre et tester vos connaissances ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : La directive NIS 2 ; origine : cyber.gouv.fr - Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : M'informer sur la directive NIS 2 ; origine : monespacenis2.cyber.gouv.fr - accompagne les entités publiques et privées concernées par la mise en conformité NIS 2 ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Mon entité est-elle concernée ? ; origine : monespacenis2.cyber.gouv.fr - accompagne les entités publiques et privées concernées par la mise en conformité NIS 2 ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : NIS 2 : l’ANSSI poursuit et renforce sa dynamique d’accompagnement ; origine : cyber.gouv.fr - Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations ; date de publication : 18 mars 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Recommandations pour la protection des systèmes d'information essentiels ; origine : messervices.cyber.gouv.fr - Mes services Cyber, Innovation ANSSI ; date de publication : 22 décembre 2020 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Développement logiciel sécurisé : les 10 meilleures pratiques ; origine : Silicon ; auteur(s) : Thomas Segura - GitGuardian ; date de publication : 24 février 2023 ; mise à jour : 28 février. 2023 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : DevSecOps : la sécurité intégrée au développement ; origine : blog.stephane-robert.info ; auteur(s) : Stéphane Robert ; date de publication : 2 janvier 2026. ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : OWASP (Open Web Sécurité des applications Project) ; origine : Fortinet ; date de publication : 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Qu’est-ce qu’une bonne gouvernance SI ? ; origine : ISLEAN ; auteur(s) : Keith O'Brien et Amanda Downie ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Recommandations relatives à l'administration sécurisée des SI ; origine : messervices.cyber.gouv.fr - Mes services Cyber, Innovation ANSSI ; date de publication : 11 mai 2021 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : TDBSSI — Guide d’élaboration de tableaux de bord de sécurité des systèmes d’information ; origine : messervices.cyber.gouv.fr - Mes services Cyber, Innovation ANSSI ; date de publication : 9 juillet 2009 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Tableau de bord cybersécurité : pilotez vos risques ; origine : Make IT Safe ; auteur(s) : Anthony Bouyer ; date de publication : 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : ISO/IEC 27001:2022 - Sécurité de l'information, cybersécurité et protection de la vie privée — Systèmes de management de la sécurité de l'information — Exigences ; type de média : ouvrage de référence ; origine : ISO - Organisation internationale de normalisation ; date de publication : mis à jour : octobre 2022 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Guide de la sécurité des données personnelles : nouvelle édition 2024 ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 26 mars 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Observatoire des métiers - enquête 2020 : Panorama des métiers de la cybersécurité, pages 10 à 13, page 63 ; origine : cyber.gouv.fr - Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations ; date de publication : 2020 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩↩
-
Titre : Le délégué à la protection des données (DPO) ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Notifications d’incidents de sécurité aux autorités de régulation : comment s’organiser et à qui s’adresser ? ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 18 mai 2020 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Threat Landscape for Supply Chain Attacks ; origine : enisa.europa.eu - Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité ; date de publication : 29 juillet 2021. ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : SolarWinds : ce que l'on sait sur la cyberattaque massive qui touche notamment Microsoft et des agences fédérales américaines ; origine : France Info ; date de publication : 8 décembre 2020 ; mise à jour : 19 décembre 2020 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Comment piloter sa cybersécurité ? (Dirigeants) ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : 17 mai 2023 ; mise à jour : 27 février 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Découvrez TalCyb, un projet pour les jeunes cyber engagés ; origine : Campus Cyber ; date de publication : 16 février 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
