CyberClass > Partie 4 - Terminaux > Côté pile > Fiche concept 4.2.2¶
📌 4.2.1 Vulnérabilités physiques, terminaux et infrastructures¶
#Terminaux #Infrastructures #Équipement #Sécurité #ÉmissionÉlectromagnétique #ÉmissionRadio #TEMPEST #ScreamingChannel #VPN #Pare-feu #CageDeFaraday #InfrastructureNumérique #CâblesSousMarins #WiFi #DDoS #Vulnérabilité #Antivirus #Protection #Surveillance #Entretien
Résumé
- Vulnérabilités physiques : Sécuriser l'accès aux équipements et locaux (badges, verrouillage), protéger contre le vol, utiliser le chiffrement sur ordinateurs ET smartphones.
- Vulnérabilités des terminaux : Protéger ordinateurs, smartphones et IoT avec des mises à jour, antivirus et mots de passe robustes.
- Vulnérabilités des réseaux : Sécuriser le Wi-Fi, utiliser VPN et pare-feu, se protéger contre les attaques de type DDoS et le reniflage de paquets.
- Vulnérabilités des infrastructures : Protéger serveurs et réseaux contre les intrusions et pannes, sécuriser switchs et routeurs.
- Réflexe : Protection → Surveillance → Entretien sont les clés qui assurent la sécurité des terminaux et infrastructures.
L’infrastructure numérique1 désigne l’ensemble des éléments – matériels et logiciels – qui permettent aux services numériques de fonctionner. Cela inclut à la fois les composants physiques, comme les serveurs, routeurs, data centers, réseaux, câbles et télécommunications et le code (système d'exploitation et logiciels).
Ces infrastructures sont vulnérables à de nombreuses menaces et la moindre faille peut mettre en danger la sécurité des données, qu'elles soient personnelles ou professionnelles, publiques, confidentielles, critiques ou sensibles (voir Partie 2 : Données > Fiche Activité 2.2.2). Or, même les meilleurs systèmes peuvent être corrompus si l’on accède physiquement aux équipements.
Nous abordons ici la dimension professionnelle des risques et de la prévention des vulnérabilités physiques, mais de nombreux points s’appliquent également à la dimension personnelle.
→ Comment on sécurise physiquement un système informatique ?¶
Il est essentiel de sécuriser physiquement2 les équipements informatiques pour empêcher l’accès non autorisé à des ordinateurs, serveurs ou appareils sensibles. Des moyens simples et efficaces existent pour sécuriser les locaux : serrures, meubles verrouillés, contrôle d’accès aux locaux techniques (badges à temporalité limitée, codes, biométrie), caméras ou alarmes, sensibilisation du personnel au respect des procédures3...
Mais en cas de vol ou de perte de matériel (un ordinateur portable contenant des données sensibles et/ou des codes d’accès par exemple)4 (voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.1) ou d’introduction d’un dispositif malveillant (comme une clé USB piégée), tout le système peut être compromis. Il est donc nécessaire de protéger également les équipements eux-mêmes, s’ils tombent entre de mauvaises mains. Le chiffrement du disque dur(1) — désormais activé nativement sur de nombreux terminaux — permet de rendre illisibles, sans le mot de passe ou la clé de déchiffrement, les données stockées. Il constitue une barrière de sécurité indispensable contre l’exploitation d’un appareil volé.
- 🔎 Définition : Le chiffrement du disque dur (disk encryption) protège les données d’un appareil en les rendant illisibles sans mot de passe. Pour être efficace, il doit être combiné avec le verrouillage automatique de la session : si l’appareil est déjà déverrouillé, les données restent accessibles. Sans le mot de passe, les données sont perdues et le disque ne peut être réutilisé qu’après reformatage.
Pour se protéger de l’introduction de dispositifs compromis (comme des clés USB piégées ou des équipements personnels infectés, utilisés en contexte professionnel – BYOD(1)), il est impératif de mettre en œuvre des mesures formalisées dans une politique de sécurité. Bannissement ou enrôlement des clés USB5, cloisonnement des environnements, contrôle des accès, chiffrement des flux et des données sensibles... sont des solutions efficaces6. La meilleure défense reste le facteur humain : respect des procédures, sensibilisation régulière aux risques et aux bonnes pratiques, responsabilisation individuelle.
- 🔎 Définition : Le BYOD (Bring Your Own Device) désigne l’utilisation d’appareils personnels, comme un smartphone, une tablette ou un ordinateur, pour réaliser des tâches professionnelles ou accéder aux ressources de l’entreprise. Cette pratique offre plus de flexibilité et de confort aux employés, mais elle peut aussi augmenter les risques de cybersécurité. Les appareils personnels sont parfois moins protégés ou moins bien mis à jour que les équipements professionnels. En cas de perte, de piratage ou d’utilisation non sécurisée, des données sensibles de l’entreprise peuvent être exposées ou volées.
Un cas à relever
En janvier 2022, le FBI a alerté sur une série d’attaques ciblées utilisant des clés USB piégées7. Celles-ci étaient envoyées par courrier à des employés de secteurs sensibles comme les transports, la défense ou les services financiers. Chaque clé était accompagnée d’un courrier trompeur : certains se présentaient comme des documents officiels liés au COVID-19, d’autres imitaient des coffrets cadeaux Amazon. Une fois branchées, ces clés infectaient automatiquement les ordinateurs, permettant le déploiement de logiciels malveillants.
Source : BadUSB : la cybermenace qui vous pousse à le brancher, Console Linux.
→ Et c'est possible qu'un pirate vole des infos en captant des ondes ?¶
Certaines attaques ne nécessitent aucun accès numérique : elles exploitent les émissions électromagnétiques ou acoustiques générées par les équipements électroniques (ordinateurs, écrans, claviers, câbles…). En effet, la plupart des équipements électroniques produisent des rayonnements électromagnétiques lorsqu’ils fonctionnent. Un système sûr "en théorie", peut donc devenir vulnérable "en pratique" à cause de son fonctionnement physique.
Ces émissions peuvent, dans certains cas, être captées à distance et analysées afin de reconstituer des informations sensibles : c’est le principe des attaques TEMPEST8. Elles visent souvent les claviers, les écrans, les câbles ou les onduleurs, voire certains composants électroniques très intégrés (comme les puces), même sans connexion directe à l’appareil. Par exemple : un écran d’ordinateur émet des signaux qui peuvent être captés à distance. Avec un équipement adapté, il est possible de reconstruire une image approximative de ce qui est affiché à l’écran, sans accéder physiquement à l’ordinateur.
En 2018, un article scientifique présenté à la Conference on Computer and Communications Security (CCS) décrit une forme de fuite par canal auxiliaire (ou side channel, c’est-à-dire un moyen détourné d'obtenir des informations dans certaines puces radio (Bluetooth/Wi-Fi)). Lorsque le microcontrôleur(1) effectue des opérations sensibles, comme du chiffrement, son activité peut interférer avec la transmission radio. Cela peut entraîner une fuite involontaire d’informations (par exemple une clé secrète) à travers le signal émis. Ce phénomène, appelé Screaming Channel, exploite donc les émissions radio d’un appareil pour récupérer des données sensibles9.
- 🔎 Définition : Un microcontrôleur (microcontroller) est un petit composant électronique programmable qui contrôle le fonctionnement d’un appareil. Il est utilisé dans de nombreux équipements, comme les objets connectés, les voitures, l’électroménager ou les systèmes industriels. Comme tout équipement informatique, il peut présenter des vulnérabilités s’il n’est pas correctement sécurisé.
L’utilisation de l’intelligence artificielle peut rendre ces attaques plus efficaces, notamment en facilitant l’analyse et l’interprétation des signaux captés10.
Pour protéger les équipements critiques (serveurs hébergeant des données sensibles, systèmes industriels, dispositifs de cryptographie) contre ces attaques, on peut utiliser des cages de Faraday. Ces structures métalliques permettent d’atténuer fortement les ondes électromagnétiques et d’empêcher les signaux de sortir ou d’entrer. Elles sont notamment utilisées dans les environnements militaires, les laboratoires de sécurité ou certaines salles serveurs sensibles.
La protection de l’ensemble des terminaux est donc indispensable pour renforcer sa cybersécurité.
→ Sécuriser ses terminaux, ça veut dire quoi exactement ?¶
Selon l’édition 2026 du Baromètre du numérique, le nombre moyen de terminaux numériques par foyer (ordinateurs, smartphones, tablettes ou objets connectés) connaît une hausse marquée, passant de 9,6 en 2024 à 11,2 en 202511. Or, tout terminal(1) connecté mal protégé est une porte d’entrée potentielle pour un attaquant12 : un ordinateur sans antivirus ni mise à jour est vulnérable aux malwares ; un smartphone mal sécurisé permet l’accès aux emails, comptes bancaires ou fichiers ; une caméra connectée mal protégée peut être piratée pour espionner ou servir de relais à une attaque (botnet(2)).
- 🔎 Définition : Un terminal (device en anglais) est un appareil connecté à un réseau, qui permet d’envoyer et de recevoir des données. Il existe différents types de terminaux, par exemple : ordinateurs, tablettes, smartphones, objets connectés, imprimantes…
- 🔎 Définition : Un botnet ("réseau de machines zombies" en français) est un réseau d’appareils connectés à Internet (ordinateurs, serveurs ou objets IoT...) infectés par un logiciel malveillant afin d’être contrôlés à distance par un attaquant pour exécuter des tâches automatisées à grande échelle (envoi de spams, attaques DDoS, vol de données...).
Quels sont les principaux points de vigilance ?
- Les terminaux vulnérables : ordinateurs, smartphones, tablettes et objets connectés (IoT) sont des cibles privilégiées pour les cyberattaques, car ils peuvent contenir des failles de sécurité, être mal configurés, ou ne pas être mis à jour. Leur connexion à Internet et à d'autres appareils les rend particulièrement exposés aux intrusions, aux malwares, et à la collecte non autorisée de données. (Voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.1)
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Les malwares (logiciels malveillants) : un ver, un virus, un cheval de Troie(1) ou un ransomware(2) peut infecter un terminal via un email malveillant, un site douteux ou une clé USB piégée (voir Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.1.4). Une bonne pratique consiste à ne jamais ouvrir de pièce jointe suspecte et à utiliser un antivirus à jour.
- 🔎 Définition : Programme malveillant qui se fait passer pour un logiciel légitime : il se cache dans des programmes d’apparence inoffensive ou tente d'inciter les utilisateurs à le télécharger. Il a besoin d'être exécuté pour s’activer, et une fois activé, il permet aux attaquants d’espionner la victime, de voler des données sensibles ou de prendre le contrôle du système.
- 🔎 Définition : Programme malveillant dont le but est d’obtenir de la victime le paiement d’une rançon.
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Les mises à jour et la sécurité des appareils : ne pas mettre à jour ses logiciels et systèmes expose à des failles connues et facilement exploitables. Activer les mises à jour automatiques est une règle de base pour rester protégé13 (voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.3).
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La gestion des mots de passe : les bonnes pratiques incluent l’usage de mots de passe robustes(1) et l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe pour les stocker de manière sécurisée14 (voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.2).
- 🔎 Définition : Pour être robuste, un mot de passe doit être complexe, afin que personne ne puisse le deviner. Il doit comporter au minimum 12 caractères mélangeant les majuscules, les minuscules, des chiffres et des caractères spéciaux. Il convient d'éviter toutes les informations qui vous concernent et qui sont facilement accessibles (sur vos réseaux sociaux par exemple) comme les dates de naissance de vos proches, les noms de vos proches, ceux de vos animaux de compagnie, etc.
→ Au niveau des réseaux, c'est quoi la priorité de sécurisation ?¶
Le Wi-Fi est un point d’accès au réseau local (LAN) (voir Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.1.4 ; Fiche Concept 3.2.4). Si cette porte est mal verrouillée (par ex. réseau Wi-Fi non chiffré), tout appareil à portée du signal peut :
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Se connecter au réseau sans autorisation : lors d’une attaque de sniffing(1) (reniflage de paquets), par exemple, les hackers interceptent des données transitant sur un réseau non sécurisé, notamment les réseaux publics des cafés et des gares15 ;
- 🔎 Définition : Le sniffing, ou reniflage de paquets, est une technique d’interception du trafic réseau qui consiste à capturer et analyser les paquets de données circulant sur un réseau. Il est généralement passif, c’est-à-dire qu’il n’altère pas les données interceptées. Il peut être utilisé à des fins légitimes (diagnostic réseau, analyse de sécurité), mais aussi à des fins malveillantes (espionnage, vol de données). À l’aide de logiciels appelés sniffers (ou analyseurs/renifleurs de paquets), un attaquant peut intercepter des informations sensibles transitant sur un réseau, notamment sur des réseaux mal sécurisés. Le sniffing est souvent associé à d’autres attaques, comme le vol d’identifiants, le spoofing ou les attaques de type Man-in-the-Middle.
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Interagir avec les autres appareils connectés (partage de fichiers, imprimantes, etc.) : l’attaque WannaCry en 2017, par exemple, s’est propagée dans un premier temps via des pièces jointes dans des emails, puis en exploitant automatiquement une faille de sécurité Windows dans un protocole de partage de fichiers sur le réseau local16.
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Injecter ou intercepter du trafic réseau : le réseau Wi-Fi peut servir de point d’entrée à des attaques DDoS(1). Si un attaquant accède au réseau Wi-Fi, il peut infecter un appareil mal protégé puis l’intégrer à un botnet, utilisé plus tard dans une attaque DDoS. En mars 2026, plusieurs botnets composés de millions d’objets connectés (caméras IP, routeurs Wi-Fi…) ont été démantelés après avoir servi à mener des attaques DDoS massives à l’échelle mondiale17.
- 🔎 Définition : Une attaque par déni de service distribué, DDoS (Distributed Denial of Service) en anglais, implique l'utilisation de plusieurs sources et vise à rendre un serveur inaccessible en le saturant de multiples requêtes ou en exploitant une faille de sécurité afin de provoquer une panne ou un fonctionnement fortement dégradé du service.
Le réseau Wi-Fi est donc une vulnérabilité d’entrée directe dans le réseau domestique ou professionnel, facilement accessible à distance s'il n'est pas sécurisé18.
→ Comment on sécurise un réseau WI-FI ?¶
Il existe des outils pour se prémunir des attaques et protéger les réseaux informatiques, y compris les réseaux Wi-Fi. Parmi les recommandations de la CNIL19, nous retiendrons trois mesures phares :
Utiliser un antivirus¶
Un antivirus permet de détecter, bloquer et supprimer certaines menaces (malwares, ransomwares, etc.).
Pour rester efficace, il doit être régulièrement mis à jour. Il est également important de choisir une solution fiable et reconnue, et de se méfier des faux antivirus ou des alertes alarmistes incitant à télécharger des logiciels inconnus.
Utiliser un VPN (Réseau Privé Virtuel)¶
Le VPN permet aux appareils (ordinateurs, smartphones, tablettes) de communiquer de manière sécurisée avec un serveur distant grâce à une connexion chiffrée, appelée "tunnel".
Il est indispensable de choisir une solution fiable (issue de son employeur, de son fournisseur d'accès à Internet ou de sociétés de confiance) et de se méfier des VPN gratuits qui peuvent être malveillants. Un VPN assure l’accès à Internet ou à un réseau privé de façon sécurisée en protégeant20 :
- La confidentialité : il chiffre les échanges, même sur un Wi-Fi public, rendant ainsi les données illisibles sans la clé de déchiffrement. Attention : si le VPN lui-même est malveillant, c'est le pirate qui contrôle le point de sortie du tunnel.
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L'authentification : il vérifie que seuls les utilisateurs autorisés accèdent au réseau via un mot de passe ou une authentification multifacteur(1) (MFA) par exemple.
- 🔎 Définition : L’authentification multifacteur, Multi-Factor Authentication (MFA) en anglais, est une méthode de sécurité qui demande au moins deux preuves d’identité avant d’autoriser l’accès à un compte ou à un système. En plus du couple identifiant / mot de passe, d'autres facteurs sont requis, comme un code reçu par SMS ou via une application, une clé de sécurité ou une reconnaissance biométrique. Cette méthode renforce la sécurité car elle rend beaucoup plus difficile l’accès non autorisé, même si un mot de passe est volé ou compromis. L'authentification à deux facteurs, Two-Factor Authentication (2FA) en anglais, est un cas particulier de MFA.
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L’intégrité des données : il garantit que les données ne sont pas modifiées pendant le transport.
- L’accès à distance aux ressources de l’entreprise, ce qui est particulièrement important en situation de télétravail ou de déplacement professionnel.
Nous ajouterons trois réserves cependant :
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Il peut permettre de masquer l’adresse IP(1) publique de l'utilisateur, c’est-à-dire l’adresse utilisée pour identifier une connexion sur Internet (différente de l'adresse IP privée utilisée dans le réseau domestique). C'est généralement le cas vis-à-vis des sites visités, MAIS pas forcément à l'égard du fournisseur VPN ou de certains services capables d’identifier autrement l’utilisateur. Une mauvaise configuration peut aussi empêcher cette fonction. Le VPN ne garantit donc pas un anonymat total.
- 🔎 Définition : Une adresse IP (sigle d'Internet Protocol en anglais) est une adresse unique qui identifie un appareil sur Internet ou un réseau local. Les adresses IP permettent le transfert des informations entre deux appareils connectés.
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Il ne protège pas toujours tout le trajet : les données sont protégées dans le tunnel entre l'utilisateur et le serveur VPN. Mais une fois sorties du tunnel et jusqu'au site final, la protection dépend du site visité lui-même, du protocole utilisé (HTTPS ou pas) et de l'endroit où se situe l'attaquant.
- Enfin, un VPN ne protège pas contre les attaques de phishing ou les malwares si l’utilisateur clique sur des contenus piégés.
(Voir Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.4)
Utiliser un pare-feu (firewall)¶
Un pare-feu est un outil (logiciel ou matériel) qui filtre les connexions entrantes et sortantes d’un réseau ou d’un appareil21. Il agit comme une barrière de sécurité entre un ordinateur (ou un réseau interne) et l’extérieur (Internet) en permettant de :
- bloquer les connexions non autorisées comme les tentatives d'intrusion ou les scans de ports,
- contrôler les flux de données entrants et sortants pour bloquer les intrusions et limiter la fuite de données,
- limiter la communication des logiciels malveillants en les empêchant d'envoyer ou de recevoir des données via Internet.
La mise en place d’un pare-feu est indispensable pour les professionnels. Elle est aussi recommandée pour les particuliers et rendue largement accessible grâce aux protections intégrées dans les systèmes d’exploitation et les box Internet (les utilisateurs experts peuvent choisir des solutions plus avancées mais doivent se garder des erreurs de configuration).
Un pare-feu est une protection nécessaire contre les attaques réseau mais il ne protège pas contre le phishing, les virus déjà installés et les mots de passe faibles.
Antivirus, VPN et pare-feu sont des protections logicielles essentielles, mais aucune d'entre elles ne garantit une sécurité absolue. Pour optimiser la cybersécurité, il est indispensable de combiner ces 3 outils et d'y ajouter une sécurisation rigoureuse de tout le système informatique22. Cependant, protéger ses locaux, ses équipements et son réseau local ne suffit pas. La sécurité dépend également des infrastructures physiques externes et donc de la vigilance des prestataires qui les gèrent.
→ C’est quoi les enjeux de la sécurisation des infrastructures physiques ? ¶
Derrière chaque service numérique se cachent des infrastructures complexes — serveurs, data centers, routeurs, réseaux de télécommunication — qui doivent être protégées contre les intrusions et les pannes, et bien sûr, contre les erreurs humaines.
Les serveurs et les data centers¶
Ils stockent les données et hébergent les applications. Une faille de sécurité, un accès non autorisé ou une mauvaise configuration peut exposer des volumes massifs de données critiques (personnelles, professionnelles, stratégiques…). (Voir Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.3)
Un cas à relever
En 2017, l’agence américaine de crédit Equifax a été victime d’un piratage massif ayant compromis les données personnelles de 145,5 millions d’Américains[^P42_FC_F1_023_cnil]. L’attaque a été rendue possible par une faille de sécurité non corrigée dans un composant logiciel (Apache Struts), malgré l’existence d’un correctif disponible plusieurs mois avant l’intrusion.
Les équipements réseau¶
Les équipements réseaux – comme les switchs(1) ou les routeurs(2) – permettent à toutes les machines de communiquer. Une compromission(3) à ce niveau peut donner accès à l’ensemble du réseau, faciliter des attaques internes ou permettre un espionnage massif du trafic. (Voir Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.4)
- 🔎 Définition : Un commutateur (switch en anglais) est un nœud du réseau qui connecte plusieurs équipements et dirige les données entre eux pour les envoyer au bon destinataire.
- 🔎 Définition : Un routeur est un équipement (matériel ou logiciel) qui permet de faire circuler les données entre différents réseaux informatiques, par exemple entre un réseau local et Internet. Il analyse les paquets de données et les dirige vers leur destination en fonction des adresses IP. Il peut également permettre à plusieurs appareils de partager une même connexion Internet. On confond parfois routeur et commutateur (switch), à la différence du premier, celui-ci fait circuler les données uniquement à l’intérieur d’un même réseau.
- 🔎 Définition : En cybersécurité, une compromission désigne l'accès, le contrôle ou la modification non autorisés d'un système, d'un appareil ou de données. Elle survient lorsque la sécurité est brisée (via un piratage, un malware ou une faille), entraînant une perte de confidentialité, d'intégrité ou de disponibilité, avec des risques majeurs de vol de données ou d'espionnage.
Un cas à relever
Le 28 mars 2018, l’entreprise Cisco a révélé une faille critique dans Smart Install, un protocole conçu pour faciliter le déploiement automatique de commutateurs (switchs)24. La vulnérabilité permettait à un attaquant de provoquer une exécution de code arbitraire à distance avec les droits administrateurs et de prendre le contrôle total de l'appareil. La mise à jour dans les plus brefs délais pour application des correctifs était recommandée.
Plus récemment, un bulletin de sécurité, daté du 17 décembre 2025, a fait état d’une vulnérabilité identique découverte dans les produits Cisco25.
Sources :
- Bulletin d'alerte du CERT-FR - Objet : Vulnérabilité dans Cisco IOS et IOS XE Smart Install Client, cert.ssi.gouv.fr - Centre gouvernemental de veille, d'alerte et de réponse aux cyberattaques.
- Avis du CERT-FR - Objet: Vulnérabilité dans les produits Cisco, cert.ssi.gouv.fr - Centre gouvernemental de veille, d'alerte et de réponse aux cyberattaques.
Les dispositifs contre les pannes¶
Les pannes matérielles – affectant un disque dur, un serveur ou l'alimentation par exemple – peuvent interrompre brutalement un service, corrompre des données ou même provoquer des failles de sécurité26. Pour limiter ces risques, des mécanismes de continuité doivent être mis en place, comme les sauvegardes régulières (backup) et la redondance des équipements, qui permettent de prendre le relais en cas de défaillance27. (Voir Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.3 ; Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.3)
Les câbles sous-marins¶
Près de 99% du trafic internet mondial transitait par plus de 500 câbles sous-marins en 202528. Invisibles pour le grand public, ils sont pourtant vulnérables à des actes de sabotage (coupures physiques) ou à des tentatives d’espionnage (pose de dispositif d’écoute)29. En novembre 2024, l’Organe consultatif international pour la résilience des câbles sous-marins a été mis en place pour renforcer leur surveillance30.
→ Qu'est-ce qu'on peut conclure ? ¶
Les vulnérabilités physiques — qu’il s’agisse d’un accès non autorisé à un bâtiment, d’une clé USB malveillante, d’un serveur insuffisamment protégé ou d’un routeur mal configuré — représentent une menace concrète pour la sécurité des systèmes numériques.
La protection, la surveillance et l’entretien réguliers des infrastructures matérielles sont essentiels pour garantir leur bon fonctionnement et assurer la sécurité.
Cependant, celle-ci ne repose pas uniquement sur les machines ou les infrastructures : le facteur humain demeure au cœur des enjeux de cybersécurité.
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Pour aller plus loin ?¶
Fiches concepts liées¶
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.2 : Vulnérabilités comportementales et Ingénierie sociale
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.3 : Détecter une attaque - gérer une crise
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.2.4 : Comment prévenir les attaques ? #Bilan
- Partie 1 : Enjeux > Fiche Concept 1.1.4 : Cybermenaces et cyberrisques : multiples, invisibles et bien réels
- Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.1.4 : Objets connectés et IoT
- Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.3 : Au bout du réseau … Où vont les données ?
- Partie 3 : Réseaux > Fiche Concept 3.2.4 : Réseaux informatiques et vulnérabilités
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.1 : Comment sécuriser ses appareils numériques ?
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.2 : Comment gérer son authentification de manière sécurisée ?
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.3 : Protéger ses données et son système
- Partie 4 : Terminaux > Fiche Concept 4.1.4 : Sécuriser ses connexions sans fil
Ressources complémentaires¶
- Partie 2 : Données > Activité 2.2.2 : C'est le type qui fait la loi !
- Titre : Le reniflement de paquets (Sniffing) ; origine : Techno Skills ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026.→
Licence¶
🎯 Attribution : Une réalisation collective produite par Class’Code dans le cadre du programme TalCyb. Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre de France 2030 portant la référence ANR-23-CMAS-0020.
Cette ressource éducative a été produite sous licence CC BY-SA Class’Code 4.0 FR (1) - Publication : mars 2026 ; Dernière mise à jour : juin 2026.
- Creative Commons - Attribution obligatoire et crédit à l’auteur - Liberté d’utilisation et d’adaptation - Pas de restriction spécifique
Sources¶
-
Titre : Qu’est-ce qu’une infrastructure numérique, et comment est-elle construite ? - Sur quoi reposent nos infrastructures numériques ? : Le travail invisible des faiseurs du web ; origine : ; date de publication : 2017 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Sécurité : Protéger les locaux ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 14 mars 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Perte ou vol de matériel informatique nomade : les bons réflexes à avoir ! ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 14 septembre 2022 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Faut-il interdire les clés USB en entreprise ? ; origine : Stormshield ; auteur(s) : Victor Poitevin ; date de publication : 7 janvier 2019 ; mise à jour : 20 juin 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Sécurité : Sécuriser l'informatique mobile ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 14 mars 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : BadUSB : la cybermenace qui vous pousse à le brancher ; origine : Console Linux ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Tempest - L'espionnage par ondes électromagnétiques ; origine : Securite Info ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Screaming Channels: When Electromagnetic Side Channels Meet Radio Transceivers ; origine : EURECOM ; auteur(s) : Giovanni Camurati, Sebastian Poeplau, Marius Muench, Tom Hayes, Aurélien Francillon ; date de publication : octobre 2018 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : TEMPEST : Des chercheurs démontrent qu'il est possible de reconstituer ce qui est visible sur votre écran avec une grande précision grâce à l'IA et au rayonnement électromagnétique émis par le câble HDMI ; origine : Developpez ; auteur(s) : Stéphane le calme ; date de publication : 1 août 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Baromètre du numérique, édition 2026 ; type de média : rapport ou publication ; origine : Arcep ; auteur(s) : Pôle Société du CRÉDOC ; date de publication : 1 février 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Explication sur les appareils appelés "terminaux" (avec exemples) ; origine : NinjaOne ; auteur(s) : Lauren Ballejos ; date de publication : [s.d.] ; mise à jour : 13 octobre 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Pourquoi et comment bien gérer ses mises à jour ? ; origine : cybermalveillance.gouv.fr - Assistance aux victimes de cybermalveillance et prévention en sécurité numérique ; date de publication : 26 novembre 2019 ; mise à jour : 26 février 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Mots de passe : recommandations pour maîtriser sa sécurité ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 14 octobre 2022 ; date de consultation : 27 mars 2026. ↩
-
Titre : Le reniflage de paquets : définition, types et protection ; origine : Avast ; auteur(s) : Ellie Farrier ; date de publication : 12 août 2023 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : WannaCry ; origine : Wikipédia - L'encyclopédie libre ; auteur(s) : contributeurs Wikipédia ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : US Departments of Justice and Defense crush four massive botnets totaling 3,000,000 devices — botnets responsible for a combined 316,000 DDoS attacks globally ; origine : Tom's Hardware ; date de publication : [s.d.] ; mise à jour : 21 décembre 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Sécuriser les accès Wi-Fi ; type de média : guide ou fiche ; origine : messervices.cyber.gouv.fr - Mes services Cyber, Innovation ANSSI ; date de publication : 3 avril 2013 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Sécurité : Protéger le réseau informatique ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 21 mars 2026 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Le VPN, un outil indispensable pour sécuriser votre TPE PME ; origine : francenum.gouv.fr - Portail de la transformation numérique des entreprises ; date de publication : 14 mars 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Qu'est-ce qu'un pare-feu ? Fonctionnement des pare-feu et types de pare-feu ; origine : Kaspersky ; date de publication : 9 octobre 2024 ; mise à jour : 28 janvier 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Sécurité : Sécuriser les postes de travail ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
-
Titre : Le piratage d’Equifax, qui a touché 145,5 millions d’Américains, était dû à une faille non corrigée ; origine : Le Temps ; date de publication : 14 mars 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Bulletin d'alerte du CERT-FR - Objet : Vulnérabilité dans Cisco IOS et IOS XE Smart Install Client ; origine : cert.ssi.gouv.fr - Centre gouvernemental de veille, d'alerte et de réponse aux cyberattaques ; date de publication : 3 octobre 2017 ; mise à jour : 10 juin 2023 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Avis du CERT-FR - Objet: Vulnérabilité dans les produits Cisco ; origine : cert.ssi.gouv.fr - Centre gouvernemental de veille, d'alerte et de réponse aux cyberattaques ; date de publication : 6 avril 2018 ; mi à jour : 30 juillet 2018 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Les pannes Cloud les plus catastrophiques de 2019 ; origine : Créaciel ; date de publication : 18 décembre 2025 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Sécurité : Prévoir la continuité et la reprise d'activité ; origine : cnil.fr - Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ; date de publication : 20 décembre 2019 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Câbles sous-marins ; origine : Géoconfluences ; date de publication : 14 mars 2024 ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Les cables sous-marinsindispensables et vulnerables ; origine : defence.gouv.fr - Ministère des Armées ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
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Titre : Un groupe international est mis en place par l'UIT pour protéger les câbles sous-marins ; origine : news.un.org - Nations Unies Info, l'actualité Mondiale ; date de publication : [s.d.] ; date de consultation : 24 mars 2026. ↩
